Mercredi 23 mai 2012 3 23 /05 /Mai /2012 23:56

P1040239.JPG Tu m'attends. A San Francisco ou ailleurs, tu m'attends. Tu regardes devant toi, tu réfléchis au bus que nous devons prendre pour aller, je ne sais pas où. Tu me l'as dit mais je n'ai écouté que d'une oreille distraite. Pas par manque d'intérêt mais parce que je te suis. Je mets mes pas dans les tiens, je regarde la ville par tes yeux, je te regarde regarder. Et je me laisse porter. Je traîne derrière toi et je saisis ces moments où tu es loin de moi.

J'aime ces moments où mes yeux se posent sur toi sans que tu le saches, j'aime observer ton corps si présent au monde, j'aime me souvenir du contact de ta peau sous mes doigts. Toi, tu m'attends. Je ne sais pas à quoi tu rêves mais je sais que dans peu de temps tu vas te tourner vers moi, me sourire, me tendre la main et que nous allons avancer d'un même pas. Jusqu'au moment où je vais m'arrêter, ralentir, prendre quelques photos et où tu vas... m'attendre.

 

On pourrait croire que je le fais exprès de traîner, juste pour ce moment là où tu vas te retourner, me sourire et me tendre la main. Mais non, je prends réellement des photos. On y trouve des bancs

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      des mouettes de dos

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des mouettes de face

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des mouettes sur des bancs P1040633

P1040399.JPGdes ponts de loin

 

des ponts de près 

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des ponts de... trop près

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le soleil P1040665.JPG

 

un reflet

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du sable P1040339.JPG

 

une vague

 

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une vague sur le sable avec un pont au loin   P1040670.JPG

 

le soleil encore mais pas complètement pareil P1040683

Bref des riens.

Mais quand je regarde ces photos de riens j'entends le grondement de l'Océan Pacifique, je sens le soleil de San Francisco sur ma peau, je revois nos rires et sur mes lèvres je goûte ta peau.

 

Par Lého - Publié dans : Ailleurs
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Samedi 19 mai 2012 6 19 /05 /Mai /2012 17:25

Nous somme le samedi 19 mai et il pleut, le ciel est gris moche, cela ne va pas s'arranger demain DIMANCHE et sera pire lundi avec un joli 11° annoncé... Les pulls d'hiver font leur réapparition et les pieds joliment peints retournent se cacher dans les low-boots. Bref c'est pourri.

D'autant que ce qui se présentait comme un samedi 'crêpes / thé / sourires' a pris la tournure du samedi 'le prochain qui me parle je l'embroche et le passe au four'. Programme particulier je vous l'accorde puisque le fonctionnement du four m'échappe complètement. Entre nous, je crois qu'il m'en veut.. il ne répond à aucun de mes ordres et prend un malin plaisir à sonner alors que rien n'est cuit ni même chaud. Nous en sommes à échanger des props peu amènes du genre ;lui:  'j'étais là avant, tu sais? Et sans mode d'emploi je sens bien que tu es grillée: aha!!!!' moi 'connard tu vas dégager avant moi et tu seras remplacé par un nouveau sexy, qu'on aura plaisir à fréquenter.'

 

Ce n'est pas très grave car personne ne m'a adressé la parole. 

Sauf la libraire du quartier qui m'a en plus souri et bien conseillé. Enfin je crois. Il faut dire que ma demande était 'un livre coup de poing qui me tienne en haleine, m'isole complètement et me fasse émerger au milieu de la nuit sans bien savoir où je me trouve'.

 

Bref, c'est pourri.

Par Lého
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Dimanche 1 avril 2012 7 01 /04 /Avr /2012 19:36

Dans le métro, je ne prête que peu d'attention aux énervés. Il y en a toujours un qui manifeste qu'il a autre chose à faire que d'attendre pour prendre son pass navigo, un qui trouve que c'est trop lent, que pour taper son code il faut pas 1 minute bordel! Parfois je suis un de ces agacés.

Je ne sais pas pourquoi aujourd'hui l'énervé de base qui s'est tourné vers moi m'a fait autant peur. Ce que je sais c'est que je n'ai rien pu lui répondre. Nous étions pourtant dans une scène classique. Alors? Pourquoi ai-je reculé? Il s'agissait juste du ton qui monte, rien d'autre. D'ailleurs après avoir élevé la voix et fait un pas vers moi, il est parti prendre son métro. Il ne s'est rien passé.

Sauf que je me suis sentie en danger. Et encore maintenant chez moi, je me sens vulnérable, fragile. Je sais qu'il ne s'agit pas des effets de cette scène. Elle n'est que la projection de mon état mental. Je connais ces moments d'instabilité et je les déteste. Autant que je les crains. Je pense parfois m'en être éloignée, j'ai l'impression d'emprunter un chemin dégagé, je sifflote victorieusement. Et puis... je mets en veilleuse. Il faut repasser à l'ombre, le corps tendu, à l'écoute de la menace. Lui qui est habituellement un radar efficace se dérègle et sur-réagit. Mon esprit se replie et tout échange devient de la haute voltige périlleuse. Nous ne savons plus nous préserver, alors nous barricadons. 

 

Dans ces moments là; le métro devient un lieu dangereux et les semaines forcément se trainent. 

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Vendredi 30 mars 2012 5 30 /03 /Mars /2012 13:35

Le coming out c'est un moment important et stressant dans la vie d'une personne homo puisque que c'est l'annonce à la famille / amis / connaissances / collègues /monde entier de son orientation sexuelle. C'est souvent un peu délicat et donc préparé. Parfois ça se passe mal voire très mal. Evidemment parfois ça se passe bien. Mais ce qui ressort de tout ce que j'ai lu depuis des annés sur le coming out c'est que c'est stressant et préparé. 

Mon coming out à moi, à 37 ans ça a été ... 

 

Un vendredi matin ensoleillé du mois de mars 2011, sortie du métro Saint Augustin, remontée du Boulevard Haussmann, au téléphone 'Maman, c'est moi j'ai un truc de ouf à te dire j'ai couché avec J..

ma mère ah c'est super ma chérie; mais tu as fait quoi avec J? Dîné?

Et là je dis bravo maman. La réponse en deux temps  'ah c'est super ... quoi au fait?' N'importe quelle mère aurait attendu avant de dire 'super'. Pas la mienne. La mienne elle se fait écorcher les tympans un matin par sa fille aînée qui a une voix hystérique, un discours incompréhensible, un débit ultra rapide, le souffle court, l'allure de celle qui est encore en retard, fille qui ne lui demande pas comment elle va; elle dit 'super'. Ma mère, elle se doute bien que je n'ai pas fait que dîner avec cette copine. Elle sait bien qu'un dîner entre copines me met de bonne humeur mais pas au point de l'appeler un matin en criant de joie. Mais elle dit 'super'. Parce que ce qu'elle entend là c'est du bonheur à l'état pur. Et que le matin chez sa fille ce n'est pas si courant le bonheur. Alors bon super.

Moi non non enfi si dîné aussi mais on s'en fout (rires. oui j'étais particulièrement guillerette. Et donc stupide) non non j'ai couché avec et waou... c'était putain je te dis pas un truc de malade!!! (normalement j'ai un discours argumenté)

euh.. je ne t'entends pas bien ma chérie... tu es dans la rue non?

OUiiiiiiiiiiii boulevard Haussmaaaaaaaannnnnnn (rires) il fait super beau non mais il faut que je te le dise parce que sinon je vais le dire à des inconnus pis je vais leur faire la bise aussi parce que la vie est beeeelllllleeeeee.

JAMAIS je n'embrasse d'inconnus, JAMAIS. D'ailleurs je n'embrasse personne le matin. Le matin je suis un croisement entre une marmotte en phase de réveil et un chat qu'on vient de jeter à l'eau. Jamais la vie n'est belle le matin.

Afin de me faire bien comprendre je m'arrête à un passage protégé  (toujours Boulevard Haussmann.. ), je respire profondément et j'articule bien fort  'J'ai COUCHE avec J' au moment où le feu passe au rouge et que donc toute circulation se suspend. Instant de grâce, silence si rare sur les Boulevards; ma mère a bien compris ce que j'avais fait de ma soirée ainsi que les 4 types en costume qui traversaient. Comme ma partenaire de jeu n'a pas un prénom masculin/féminin, personne n'a eu de doute.

Ma mère aaahhh super!!! c'est bien ma chérie. C'était une bonne soirée alors. (véridique)

OUIIIIIIIIIIIIII PUTAIN ouiiiiiiii. Non mais jamais jamais jamais je n'ai ressenti ça. Non mais waou. Elle est ........ oh putain elle est BELLE!!! ooooohhhhhh mais c'est incroyable jt'assure..... pffft. Enfin bon on en reparle hein parce que là j'arrive au boulot, mais bon fallait que je te le dise. Ca va toi?

Oui ma chérie, ça va très bien!! Quelle jolie nouvelle.

 

J'ai raccroché et j'ai annoncé la même chose à mes soeurs par sms. (Pendant que ma chère mère allait annoncer la jolie nouvelle à sa meilleure amie... le bonheur est contagieux.)

L'une m'a répondu 'OK Cool' si bien que j'ai eu l'impression qu'elle n'avait pas tout à fait compris qu'il s'agissait d'une fille. Alors que si. Mais que bon et alors? Ben quand même, merde. Une fille!! Oui oui bien sûr. Non mais OK. Ben un peu de .. surprise? Venant de toi rien ne me surprend.. Comment ça??? mais c'est pas juste alors!!! Quand même!!! oui bon ok. 

L'autre a fait son Jiminy Cricket : ah, bon, mais tu as réfléchi? euh... ben moyen. Et bien tu verras. Voui je verrai... 

 

15 jours plus tard, back in family, je leur ai confirmé que j'étais sur un nuage rose (au cas où mon air hagard et mon sourire flottant perpétuellement sur mon visage ne leur aurait pas donné suffisament d'indices) que j'étais sûre d'avoir rencontré LA femme de ma vie avec qui j'allais me marier (dès que nous en aurions le droit)(et que la principale concernée aurait donné son accord) et faire des enfants (oui au pluriel, quant à opérer sa révolution copernicienne autant y aller) et qu'ils la rencontreraient là là dans pas longtemps (suffisait juste qu'elle en ait envie) ( moi à sa place je me serais vu, j'aurais eu envie de partir loin de moi)(et j'aurais raconté à mes copines que j'étais tombé sur une dingue, une meuf qui pour une histoire de cul tirait des plans sur la comète, un peu flippante quoi)(elle, elle a eu envie de rester avec moi et de les rencontrer) et puis avec mon beauf, nous avons finalement eu une discussion légère et malicieuse qui a commencé par 'et bon ben sexuellement alors? c'est comment?' 

 

Mon coming out n'était ni stressant ni préparé. C'était un éclat de rire, un matin de mars 2011 sous un soleil printanier. Et ce vendredi matin de mars 2012, sous le soleil parisien j'ai le même rire chevillé au corps, les mêmes projets joyeux, la même femme dans ma vie et la même certitude inébranlable que c'est elle. Et les regards des miens continuent à refléter la même bienveillance et le plaisir partagé.

 

 

 

 

 

 

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Lundi 13 février 2012 1 13 /02 /Fév /2012 12:07

Il y aussi le pouah, la Saint Valentin JAMAIS tu m'entends??? c'est une fête co-mmer-ciale, on a pas besoin de ça pour se dire qu'on s'aime, pi c'est n'importe quoi les coeurs partout franchement,je te préviens t'as pas intérêt à m'acheter un cadeau c'est ridicule toi t'auras rien de toute façon, compris? non mais on va pas tomber là dedans! T'es pas d'accord????

Si je suis d'accord. Je n'aime pas non plus le Menu Saint Valentin, plus cher que le menu classique mais pas meilleur. Je n'aime pas la déco coeurs rouges pailletés.  Je n'aime pas les bouquets de roses rouges à tous les étalages de fleuristes. Je n'aime pas cette vulgarisation du sentiment amoureux.

A priori donc nous sommes d'accord.

 

J'avoue que malgré ces grands principes (qui me donnent parfois l'impression d'être devenue une lectrice de Télérama) je l'aime bien moi la Fête des Amoureux. J'aime bien l'idée d'un repas surprise et d'un joli cadeau enturbanné. J'aime bien l'idée de son sourire et de ses yeux brillants (parce que la Saint Valentin c'est nul beurk beurk mais les surprises ça lui fait briller les yeux à l'intello-abonnée-Télérama...) Evidemment je suis quelque peu embêtée pour cuisiner le repas surprise (à cause de mes horaires de boulot complètement fous, non vraiment je travaille je travaille je... oui bon je n'ai pas de talent de cuisinière.) et je sèche sur le joli cadeau.

Des fleurs? Trop banal... C'est mon cadeau surprise de toutes les semaines pratiquement.

Un livre? encore pire...

Un restau? on y va souvent souvent.

Une bonne bouteille? de Coca alors.

Un week-end ailleurs? Déjà fait...

Lui écrire une chanson peut être.Ah ouai ça c'est bien c'est classe c'est original... Mais ça va être court niveau délai. Et je ne suis pas chanteuse. Et je ne sais pas écrire de chanson.   

Je sèche... 

En même temps comme ma moitié s'en fiche, que notre vie quotidienne est jalonnée de petites attentions, mini preuves et échappées belles, je pourrais laisser tomber la Saint Valentin. 

 

Mais je ne laisserais pas tomber. Ce jour-là est un moyen d'ancrer notre histoire dans la durée, de mesurer le temps passé ensemble et de le retenir un peu. 

C'est encore et toujours un moyen de contrer la mort. 

 

Par Lého - Publié dans : Des news de moi
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